Emilian de Loviștea, Episcop vicar al Arhiepiscopiei de Râmnic, Les Princes de ce monde entre la joie de la vie et la don de l immortalite, Apostolia, Paris, 2016, 203 p.
La famille de saint voivode martyr Constantin
Brâncoveanu
14 (...) Apres la fondation de l Eglise de notre
Seigneur, parmi les saints aussi il y en a eu beaucoup qui ont grandi dans des
familles nombreuses: la famille des parents de saint Basile le Grand,
Basile et Emilie, comptait neuf enfants.
15 (...) Matei (Papa) Brâncoveanu, qui aimait beaucoup
L Eglise et son peuple, est mort en 1655 pendant la revolte des
soldats serbes et des fantassins contre le prince regnant Constantin Șerban
Basarab (? 1624 -1682), en bas de la colline de la Metropole de Bucarest.
(...)
Le futur prince regnant, saint Constantin, est reste
orphelin de pere a l age d un an, grandissant donc sans l amour et la
protection paternelles, mai beneficiant de l affection et de la douceur de sa
mere Stanca et de soins pour une bonne education du grand stolnic (boyard
charge de s occuper des repas du prince) Constantin Cantacuzino (1639-1716),
grace auquel il a eu la possibilite d apprendre, entre autres, le grec, le
latin et le slavon.
A la cour princiere, il a eu comme professeurs des clercs
instruits et a pu frequenter la bibliotheque de son oncle, ou se trouvaient la
Bible, les ecrits des Peres de l Eglise (Jean Chrysostome, Basile le
Grand, Augustin et d autres), des livres de philosophie antique,
(...).
16 (...) Afin de bien se former spirituellement et
culturellement, saint Constantin Brâncoveanu a visite les monasteres et les
eglisese fondes par ses ancetres, a voyage en Moldavie, en Transylvanie, a Constantinople
et ailleurs.
(...) Saint Constantin Brâncoveanu a gravi tous les
echelons de la noblesse locale, juasqu a la dignite de Grand Logofăt (responsable
de la chancellerie du prince) et le 28 octobre 1688 il a ete elu par les
boyards Prince de la Valachie, etant sacre par le patriarche Denis IV de
Constantinople, qui se trouvait a Bucarest.
20 (...) Maria, la deuxieme fille de saint Brâncoveanu,
est nee en 1678; en 1693 elle a epouse Constantin Duca vodă, prince
regnant de la Moldavie pour une breve periode de temps (1693-1695). Ils ont
deux enfants: une fille nee en 1695 et mort jeune et un garcon, Șerban Duca,
qui est decede en 1742. Maria Brâncoveanu est decede a cause de la peste,
en 1697, a Constantinople.
21 Ilinca, le troiseme enfant, est nee en 1682 (ou
bien, selon d autres historiens, en 1681) et a ete marie en 1698 avec Scarlat,
le fils du dragoman Alexandru Mavrocordat. Apres la mort de son mari en
1699, (...).
Constantin II (saint martyr) est le premier garcon et
le quatrieme enfant de la famille Brâncoveanu. Ne en 1683, il a recu au
bapteme le nom de son pere et du saint Empereur Constantin le Grand.
(...) Constantin II a recu une solide education et une vaste formation scientifique
de la part du saint hierarque martyr Anthime Ivireanul (l Ibere), tel qu on
peut le constater du fait qu il a traduit du grec ancien en grec moderne le
livre du philosophe Plutarque de Cheronee, Vies paralleles des hommes
ilustres, imprime a Bucarest en 1704. (...) Constantin II a subi
le martyre avec son pere et ses freres a Constantinople.
22 Ștefan (saint martyr) est le cinquieme enfant de la
famille, ne en 1685; (...) il est egalement l auteur de trois panegyriques,
Trei cuvinte de laudă, un pour saint Constantin le Grand
(imprime en 1701 et en 1702), un autre pour le saint martyr et archidiacre
Etienne (en 1701), (...). La fin du saint martyr Ștefan a ete aussi
douloureuse et ensanglantee que celle de son pere et de ses freres et a eu lieu
a Constantinople, le 15 aout 1714.
23 Radu (saint martyr) est le troisieme fils et le
septieme enfant de la famille princiere et (...). Il est ne vers 1690 et (...).
Tout comme ses freres, il a recu une education noble et elevee, refletee entre
autres dans la redaction de plusieurs panegyriques, a grande valeur
spirituelle: Panegyrique pour la Passion redemptrice du Logos, Dieu
et Homme (1704), en memoire du grand theologien Dosithee, patriarche de
Jerusalem, et (...).
26 L amour des parents et l harmonie, l entete
familliale, disait saint Jean Chrysostome, representent la racine de
toute bonte.
(...) Ils ont bien fait leurs les paroles de saint
Jean Chrysostome, qui ecrivait dans l une des Homelies sur la Genese
que personne ne doit considerer le mariage comme un obstacle qui nous empecherait
d etre bien-aimes de Dieu, que nul ne doit considerer que la mise au monde des
enfants peut empecher la vertu. (...) (3)
3 = Cf. Saint Jean Chrysostome, Homelies sur
la Genese, dans Ouevres complete, tome IV, traduction nouvelle par l
abbe J. Bareille, Paris, Libraire Louis Vives, 1867, Homelie XVIII.
27 (...) Apres son retoir en Valachie (en 1716),
pendant le regne de Nicolae Mavrocordat, aidee par lui et par quelque hierarques,
elle [la princesse Maryka] a reussi a ramener les ossements de son mari (en 1720),
les faisant enterrer dans l eglise Saint Georges le Nouveau de Bucarest.
L immolation des enfants et le sacrifice des parents
pour la vie en Dieu
34 (...) Nos ancetres de Dobroudja ont donne
aussi des martyrs, qui se sont eleves, par leur sacrifice, vers le
Royaume des cieux.
35 Plus siecles plus tard, d histoire et de
sacrifices, la chute de Constantinople de 1453 a mene a de nombreuses
invasions de Pays Roumains.
La revolte des aoldats serbes
et de fantassins (dorobanți) de Bucarest (de 1655), contre le prince
regnant Constantin Șerban Basarab a eu comme victime le pere du voivode, Matei
(Papa) Brâncoveanu. (...) En 1655, l annee de la mort de son fils, le pere du
future voivode, le grand-pere Preda avait reussi a avoir la vie sauve: „Assoiffes
de crime et desireux de faire disparaître tout la famill, les insurges
ont fait irruption dans la cour, les sabres a main, demandent le corps du petit
Constantin, le fils de celui qui remue encore dans la buee de son propre sang. Selon
un temoignage de l epoque, les serviteurs sont sortis rapidement devant les
tuers portant dans les bras un enfant d un an environ, qu ils avaient
arraches a une tsigane. Les assaillants l ont ecartele sur le champ et
puis, ils sont partis. (...)”(1)
1 = Valeriu Anania, Cerurile Oltului, Ed.
Episcopiei Râmnicului și Argeșului, Râmnicu Vâlcea, 1990, pp. 101-102.
36 (...) Mai savant, il a du parcourir le chemin de la
Croix, de Bucarest a Constantinople, endurant les souffrances a Yedikule
et ensuite se faire decapiter, „mettre en croix” devant la foule, sur la croix
de la foi orthodoxe et de son peuple.
37 (...) Depuis le martyre des premieres saints de
Dobroudja (pendant les persecutions de l Empire romain payen),
continuant (...), on voit, immortalise dans l histoire, l amour et le don de
soi pour l eternite qui jaillissent de la Jerusalem celeste qui est la sainte
Eglise.
„On ne peut s elever vers le Dieu qu en passant par le
sacrifice”, disait Saint Cyrille, patriarche de Jerusalem).
39 (...) Le modele de la vie et de don de soi a
ete represente, pour le saint prince martyr et son epouse, par les saints
Constantin le Grand et sa mere Helene, dont les icones se trouvent
de facont explicite dans ce sens dans l
eglise du monastere de Hurezi.
42 (...) Avant de se hausser vers le ciel, le senfants
de Brâncoveanu ont du apaiser souvent la vie agiteedu guverneur devenu ensuite
voivode, attriste par les nombreuses pressions des Turcs et les complots
de ses boyards.
54 (...) Aristote disait que l enfant vit
de la vie de sa mere, voit avec les yeux de sa mere et sent avec le couer de sa
maere.
57 (...) Le tableau votif Hurezi și Surpatele exprime
l icone du marriage, le Sacrement du couronnement, l union entre le Crist et l
Eglise, ainsi que l union entre la famille et l Eglise,le navire qui la porte
vers le rivage celeste du Royaume, selon les mots de saint Jean Chrysostome
qui dit que le marriage este l icone mistique de l Eglise.
Oeuvres chretiennnes de la famille du saint voivode Brâncoveanu
(en Valachie, Transylvanie, dans le sud-est de l Europe et l Orient
Orthidoxe)
58 (...) Le regne du saint voivode Constantine
Brâncoveanu (1688-1714) a ete l un des plus importantes pour le pays et pour l
Eglise, qu ils a gardes intacts et entiers au millieu du combat mene par quatre
grandes puissances: l Empire Ottoman, l Empire des Habsbourgs, la Russie
tsariste et la Pologne.
Avec la princesse Marika et ses enfants, saint
Constantin a fonde beaucoup de monasteres et d eglises, des ecoles, des
infirmeries monastiques des imprimeries, tant pour les Pays Roumains que pour l
espace orthodoxe oriental.
a.La Valachie
67 (...) - l Academie princiere (1694),
organisee dans les cellules du monastere de Saint-Sabat, qui se trouve a l
origine de l einsegnement roumain superieur. On y einsegnait la philosophie,
l astronomie, la psychologie, la metaphisique, en grec et en latin,
par des professeurs roumains ou etrangers formes dans les universites
europeennes. (...) L ecole de Saint Sabasa ete dirigee par Sevastos
Kiminitis (auteur de plusieurs ouvrage theologiques et philosophiques),
depui ses debuts (en 1694) et jusqu en 1702;
(...)
-l ecole princiere de slavon (de
slavonie) de l eglise Saint Georges l Ancienr, aidee et soutenue par
saint Brâncoveanu.
68 (...) Les livres imprimes en editions bilingues
ont facilite la transition de l utilisation liturgique du slavon et du grec
vers l emploi du roumain.
(...)
Saint Constantin Brâncoveanu a soutenu l impression en
langue roumaine de plusieurs livres de catechese et de spiritualite chretienne,
dont nous mentionnons quelque-uns: Joyaux spirituels de saint Jean
Chrysosotome (Mărgăritarele Sfântului Ioan Gură de Aur)
(Bucarest 1694), La confession orthodoxe (Pravoslavnica mărturisire) (Buzău,
1691) (...)
69 (...) La devotions des Roumains a l egard de sainte
Parasceve (dont les reliques entieres avaient ete ramenees a Iași en
1641) et de saint Gregoire le Decapolite (dont les reliques
entieres fures rameneea au monastere de Bistrița en 1497), a fait en
sorte que leurs Offices soient publies a Bucarest, en 1692,
en langue grecque. Dans al preface de cette editions, Șerban Greceanu
met en evidence la devotion di voivode Brâncoveanu: „(...); c est pour cela, qu
en plus des autres actions de
bienfaisance que tu accomplis chaque jour pour le bien des autres, tu as
imprime et tu continues de le faire des livres en grec et en roumain, qui
montrent a tous la verite de la veritable science.”
70 (...) Aux cours princieres, l erudit voivode met en
place des bibliotheques, dont la plus renommee a ete celle du monastere
Hurezi, ou il y avait plus de 400 volumes rediges en roumain, en grec,
en editions biligues greco-latines,
greco-roumaines, en slavon et en latin, ou en editions
trilingues en grec, latin et arabe. (...)
Les plus nombreux de ces livres etaient a
contenu religieux (des ecrits de patristique, des livres
liturgiques et de prieres), (...)
71 (...) Il a reamenage le palais princier de
Târgoviște (1695), ce qui lui l attire les accusations des Turcs
concernant l utilite et le but de ce reamenagement; en affet, les Turcs
l accusaient du fait que de ce palais, il pouvait se refugier plus facilement
en Transylvanie, ou il avait plusierus proprietes.
b)La Transylvanie
74 (...); le document [scrisoarea către împăratul
Leopold I] a ete trasnmis par l ambassadeur d Angleterre a Vienne
(1689-1692) et ensuite a Porte (1692-1702), lord William PAget
(1637-1713). (...)
Des travaux imprimes a ce but, mentionnons: (...); le Manuel
contre l heresie calviniste (Manual contra rătăcirii calviniste), ecrit par
Dosithee, le patriarche de Jerusalem; La Confession Orthodoxe
(Mărturisirea Ortodoxă), en grec, imprime par le saint hierarque Anthime
Ivireanul (l Ibere) au monastere de Snagov, aux frais de Brâncoveanu; La
Dogmatique expliquee de l Eglise d Orient (Dogmatica didascalie a
Bisericii Orientului) et (...).
75 (...) C est dans ce contexte qu est imprim a Râmnic
Le Tome de la joie (1705), en grec, livre qui presentait la
doctrine orthodoxe, tout en combattant celle de l Eglise catholiique
romaine.
76 (...) Le prince regnant de la Valachie a aide la
Transylvanie et l Empire des Habsbourgs afin qu il recoive, en echange, leur
soutien contre les Turcs.
c) Le soutien apporte par le voivode a l Orthodoxie
du Sud-Est de l Europe et au Proche-Orient
76 Tout comme sese predecesseurs ayant vecu apres la
chute de Constantinople sous occupation ottomane (en 1453), le saint
voivode martyr Constantin Brâncoveanu a eu la conscience de la protection et
soutien que devaot apporter la Valachie (et la Moldavie) a tout l espace habite
par des chretiens orthodoxes. A l exception de l Eglise Orthodoxe Russe,
qui etait libre pour ses activites missionaires, le voivode roumain a aide et
soutenu tout les autres Eglises Orthodoxes qui se trouvaient en
difficulte.
Saint Brâncoveanu a ete contemporande neuf
patriarches de Constantinople, deux de Jerusalem, deux d Antioche
et deux autre d Alexandrie.
77 (...) Des sommes d argent, des donations
diverses et des livres de cult ont ete ainsi envoyes aux pretres de
Syrie, au patriarcat de Constantinople et sur l île de Halki, en
terre sainte de Jerusalem et au Mont Sinai, au patriarchat d Alexandrie (le
monastere de Segarcea dependait de ce patriarcat), aux monasteres deu Mont
Athos (saint Constantin Brâncoveanu a fait don d une petite chasse en
argent au monastere de la Grande Laure en 1691, ou est conserve une main
de saint Jean Chrysostome; il a aide aussi les monasteres de Dionysiou,
de Vatopedi et d Aghiuo Pavlou), aux chretiens orthodoxe du
Patriarcat d Antiochie, de Georgie (Iberie), des Monts du Caucase, en
Bulgarie, ee Serbie, en Grece et en Albanie. Pour soutenir ces chretiens,
il a fait imprimer des livres en arabe, en grec et en turc;
pour l Antiochie, il a fait imprimerau monastere de Snagov (en 1701) un Liturgikon
(en 1701) et un Horologion (en 1702) en edition bilingue arabe et
grecque.
(...) Il fit construire une eglise dans le
quartier Galata a Istanbul, consacree a saint Nicolas.
78 (...) La generosite du voivode a determine le
mitropolite Callinique d Heraclee, devenu plus tard patriache de
Constantinople, a composer en grec un Canon de memoire pour
louer et honorer la memoire du voivode martyr Constantin Brâncoveanu, en signe
de reconnaissance pour son amour et le soutien apporte a l Orthodoxie du
monde entier.
Sevastos Kiminitis (1630-1702),
ne a Trebizonde (en Grece[?!],
qui a suivi des etudes a Constantinople et a Padou, le considerait pareil
a l Empereur Constantin le Grand, le nommant „le sommet des princes
croyants, digrne des couronnes celestes” et „la grande fierte des orthodoxes”,
(...).
Les relations du saint voivode martyr Constantin
Brâncoveanu avec les hierarques de son temps
81 (...) Hierarque erudit, interesse par la culture,
le metropolite Teodosie a contribue a la parution de plusieurs livres dont: le
Liturgykon (1680); (...); les Joyaux spirituelles de saint Jean
Chrysostome (Mărgăritarele Sfântului Ioan Gură de Aur) (1691; (...).
82 (...) La plupart des historiens affirmement qu il
Anthime d IBerie a ete fait prisonnier par les Turcs et rachete a Constantinople
par le patriarche Dosithee Notaras. (...)
83 C est a Constantinople et a Jerusalem (ou
bien dans un monastere grec) que saint Anthime a acquis un e formation
historique, theologique et scientifique, ainsi que la connasissance des
langues grecque, turque, arabe et slavone.
Les recherches recentes attestent le fait qu il est
arive a Iași, au monastere Cetățuia,
probablement avec le patriarche Dosithee au printemps de l annee
1686. C est ici qu il a appris le roumain et le slavon; (...). (...)
Le meme patriarche Dosithee l a pousse a aller
en Valachie afin d y soutenir l Orthodoxie a travers l impression de
livres, mission soutenue financierement par le voivode Constantin Brâncoveanu.
85 (...) La premier livre imprime par saint Anthime a
Bucarest (1691) n a point ete choisi de facon aleatoire; il s intitulait Les
conseils de Basile Ier, le Macedonien pour son fils Leon et c etait une
traduction en grec moderne de Chrysanthe Notaras, futur patriarche de Jerusalem,
qui desirait proposer par son intermediaire, au saint prince Constantin
Brâncoveanu, „ainsi qu a d autres personnalites politiques, un guide
precieux pour le gouvernement du pays”. (...)
Saint Anthime s est tellement implique dans sa mission
de servir l Eglise et la Valachie, qu il n a permis que des hierarques
etrangers (comme le patriarche de Jerusalem, Chrysanthe Notaras) se
melent des affaires de l Eglise de Valachie).
Il se posait deja le probleme des monasteres
consacres, assujettis aux Lieux Saints ou au Mont Athos, pratique
qui caracterisera sourtout la periode des regnes des princes Phanariotes
des deux Pays Roumaines.
86 La guerre russo-turque et la bataille de
Stănilești (1711), ou furent implique le prince Dimitrie Cantemir et le
saint voivode martyr Constantin Brâncoveanu, ont engendre un conflit entre le
voivode et saint Anthime, ce dernier pledant en faveur d une alliance
chretienne avec la Russie orthodoxe.
(...)
Dans le meme domaine, de l impression des livres,
saint Anthime a collabore de facon tres efficace avec les fils du voivode
martyr et avec Anton Maria Del Chiaro, en publinat le livre du philosophe
Plutarque de Cheronee, Vies paralleles des hommes illustres, traduit
par le saint martyr Constantin II Brâncoveanu et Maximes et histoires
philosophiques, traduit en italien par Del Chiaro.
87 Un autre aspect tres important de son activite a
ete represente par le fait qu a travers les traductions roumaines qu ila
promues, saint Anthime a fait evincer en grande partie le courant slavon,
majoritaire dans les chancelleries et dans l Eglise jusqu au XVIIeme siecle,
et ensuite, le courant grec des cours princieres des Cantacuzines et des
Brâncoveanu.
90 (...) Celui-ci [eveque de Râmnic Damaschin] avait travaille
pendant longtemps a Bucarest,a cote d autres clercs distingues, a l imprimerie
princiere, pour traduire des livres et
ensuite, avait ete enseignant a l
Ecole princiere de slavon.
92 (...) Durant le regne de saint Constantin
(1688-1714), dans le siege patriarchal de Constantinople se sont
succedes les patriarches suivants: Callinique II (1688; 1689-1702),
Neophyte IV (1688-1689), Denys IV (1693-1694), le patriarche qui a sacre
prince saint Constantin Brâncoveanu en 1688, Gabriel III (1702-1707),
Neophyte V (1707), Cyprien I (1702-1709; 1713-1714), Athanase V (1709-1711),
Cyrille IV (1711-1713) et Come III (1714-1716).
Le Patriarcat de Jerusalem a ete dirige par l
erudit Dosithee Notaras (1669-1707) et ensuite par son neveu, Chrysanthe
Notaras.
(...)
A la cour princiere de Brâncoveanu ont sejourne le
patriarche Dosithee, considere comme un grand surveillant de la doctrine
chretienne-orthodoxe, un bon organisateur et un sage conseiller en matiere
de problemes culturelles et religieux, et Chrysanthe Notaras, ayant
suivi des etudes en Occident, egalement implique dans certaines activites
ecclesiastiques et culturelles.
Le patriarche Chrysanthe
a participe a la consecration du monastere Saint Georges le Nouveaux de
Bucarest, monastere consacre, assujetti, par les soins du voivode, au
patriarcat de Jerusalem (au Saint Sepulcre).
94 Le patriarche Dosithee a sejourne aussi en Moldavie;
(...).
Par l intermediaire de ces hierarques, saint
Constantin a pu offrir de l aide aux patriarcats et aux monasteres des Lieux
Saints, de Syrie, d Alexandrie, ainsi qu au Patriarcat de Constantinople.
Il a eeu egalement des relations etroites avec les
metropolites Clement d Adrianople, Ananie de Sinai, Denys de Târnovo,
Maxime d Hierapolis, Metrophane de Nis et d autres.
95 (...) Le saint voivode a continue la tradition
byzantine selon laquelle l Eglise a accepte la protection imperiale pour
la paix sociale et la possibilite de sa manifestation pastorale et
missionaire, non entravee par des obstacles socio-historiques ou des
persecutions.
Le saint voivode Constantin Brâncoveanu et la Valachie
dans le contexte international
97 Les Pays Roumainsm unis de facon ephemere en 1600,
etaient placent, de par leur position geographique, sur la route de tous les
conquerants de terre etrangere et a la confluence de trois grands Empires:
des Habsbourgs, Ottoman et Tsariste. (...)
98 (...) Sa [France] politique orientale s
etait basee sur des puissances en plain recul: la Turquie, la
Suede et la Pologne et contre deux puissances en pleine expansion: la Russie et
l Autriche.
La Turquie du sultan Mehemd IV (1648-1687)
vit un sursait d orgoueil et souhaite de conquerir Vienne (1683); la ville est
defendue par le sauveur Jean Sobieski (1624-1696). La paix de Karlowitz (1699)
est devastatrice pour les Ottomans; pour les Autrichiens (les Habsbourgs
avaient recu la Croatie[?!],
la Transylvanie et la Slovenie [?! la Slavonie]), qui deviennent une puissance
dominante au centre de l Europe, c est le debut de l offensive vers l Est
de l Europe.
Devaint l accroissement de la puissance des
Habsbourgs, qui regnaient sur le Danube du millieu, les princes roumains
se sont orientent vers des alliances avec eux. (...)
99 (...) Il Brâncoveanu a mis en place une
politique d equilibre entre les Imperiaux et les Turcs, mais aussi d
intimidation de ceux-ci: les Habsbourgs devaient renoncer a occuper la Valachie
pour n entrent en conflit avec les Turcs presents sur la ligne du
Danube, et les Turcs devaient, pour ne pas entrer en conflit avec
les Habsbourgs, laisser au prince roumain une certaine liberte et autonomie. Le voivode roumain avait en vue le role de la
Russie lors d une guerre avec les Turcs, qui aurait mener a la
liberation des peuples des Balkans de la domination ottomane.
a)Les relations diplomatiques du saint voivode
Constantin Brâncoveanu avec l Empire des Habsbourg
99 Constantin Brâncoveanu est monte sur le trone de la
Valachie a un moment difficile, lorsque les tendances d expansion plus
anciennes ou olus nouvelles de la Turquie, de l Autriche et de la
Pologne se croissaient au-dessus du teritoire de la Valachie.
Le probleme de l assujettissement du pays aux
Habsbourg
100 (...) Pour ces raisons, aux emissaires envoyes par
Șerban Vodă a Vienne, on a donne de nouvelles instructions, qui conditionnaient
le positionnnement de la Valachie du cote des Habsbourg de l obtention de
certaines garanties, afin de ne pas exposer le pays roumain aux represailles
devastatrices des Turcs et des Tartares. (...) Mais le prince s
etait refugie avec toute sa cour dans le village de Ruși (Prahova) et apres
avoir vainement essaye de convaincre les
Habsbourg de quitter le pays, il a accepte l aide armee du general
ottoman, le seraskier Cerkez Ahmed pacha et de Gazi Ghirai, le fils du khan
tartare Selim Ghiray.
101 (...) Les armees imperiales ont ete aneanties lors
de la bataille de Zărnești (11/21 aout 1690).
(...)
Apres la victoire des Autrichiens contre les Turcs
a Szalamkemen (le 15 septembre 1691), sur le fond de plusieurs perspectives
militaires et politiques sombres pour les Ottomans et sourtout a cause du commencement
des negociations de paix entre les Turcs et les Autrichiens, Brâncoveanu
este sortie de sa position expectative par rapport aux Habsbourg. (...) Dans ce
sens, le 8 aout 1689, Brîncoveanu envoie une lettre a l empereur Lepold Ier
dans laquelle il l assure de son devouement total, „lui montrant que sa
politique changeante est determine par la position de son pays et la
pression qu exerce sur lui l Empire Ottoman”(3).
3 = Ștefan Ionescu & Panait Panait, Constantin
Vodă Brâncoveanu, Ed. Științifică, București, 1969, p. 164
Laviniu Aurelian Bădulescu, Pentru Dumnezeu și neam,
Agora, Craiova, 2004, p. 34
102 (...) En meme temps [1695], [Habsbourg] on lui
accordait le droit d acquerir des proprietes a Brașov et a Sâmbăta de Sus et le
droit de asile en cas de danger ottoman.
Le 17 octobre 1698, le voivode Brâncoveanu envoie une
lettre au chancelier d Autriche, le comte Ulrich Kinsky, dans laquelle, tout en
renouvelant ses bons sentiments a l egard de l Empire des Habsbourg, il lui
demandait que dans le trait de paix qui allait se signer avec l
Empire Ottoman, les ambassadeurs autrichiens n insistent a faire aucune
mention speciale en rapport avec la Valachie, pour ne pas irriter les Turcs:
„Ne me faites pas de mal, au lieu de me faire du bien, a moi et a mon pays”(6).
6 = Ștefan
Ionescu & Panait Panait, Constantin Vodă Brâncoveanu, Ed.
Științifică, București, 1969, p. 183.
Paul Cernovodeanu, Politica externă și diplomația lui
Constantin Brâncoveanu, dans ***, Constantin Basarab Brâncoveanu, Universitaria
Craiova, Slatina, 2004, p. 266.
103 Le traite de paix de Karlowitz a ete
signe le 26 janvier 1699. Il a marque le debut de declin de l Empire
Ottoman en Europe de l Est et a etabli la monarchie des Habsbourg comme
puissance dominante en Europe centrale. La Valachie a garde son ancien statut,
de vassalite a l egard de la Grande Porte.
Pour les Roumains, la paix de Karlowitz a
signifie le partage de l ethnie roumaine entre deux Empires completements
differents l un des autres, qui allaient impregner aux Roumains des
differences culturelles importantes, qui se ressentent
encore de nos jours.
La Valachie au millieu de trois Empires
103 Apres la signatures de la paix de Karlowitz,
pour Constantin Brâncoveanu et pour la Valachie suivra une periode extremement
complexe du point de vue politique. Le pays etait entoure par les interets expansionnistes
des grandes puissances: des Turcs, puissance suzeraine, des Habsourg, qui
depuis 1699 se sont consolide officialement
la position en Transylvanie et, apres la bataille de Poltava de 1709, de
la Russie de Pierre le Grand (1682-1725).
107 (...) Pour conclure, on pourrait affirmer que la
politique du voivode Brâncoveanu a l egard de l Empire des Habsbourg en
general, et de la Transylvanie en special,a suivi trois objectifs majores:
(...); 3) s assurer un refuge pour lui et sa famille en cas de danger de la
part des Turcs(10).
1= Ș. Ionescu & P. Panait, op. cit., p. 201
b)Les relations diplomatiques du saint voviode martyr
Constantin Brâncoveanu avec l Anglettere
107 (...) Le commencement des contacts
diplomatiques entre la cour de la Valachie du temps du regne du voivode
Brâncoveanu et l ambassade britannique pres la Porte Ottomane remonte au
printemps de l annee 1690. C est lord William Paget (1637-1713), ancien ambassadeur
d Angleterrre a Vienne et a ensuite a Constantinople, qui a eu une
grande contributionau developpement de ces relations diplomatique. Apres sa
nomination en tant qu ambassadeur a Constantinople (en 1692), il a ete
directement interesse par le fait d envoyer la correspondance vers Vienne par
la Valachie et aussi par le fait d encourager la politique de neutralite de
Brâncoveanu, grace a laquelle l intervention de l Empire des Habsbourg
et de la Russie dans les Balkans a ete retardee de plusiuers annees.
(...)
Lord Paget avait reussi a etablir plusieurs contacts
intellectuels et, connaissant l ouverture de saint Constantin Brâncoveanu envers
la culture, qui avait envoye constamment des boursiers a a faire leurs etudes a
l etrnger at avait organise l Academie de Saint-Sabas, il l a invite a envoyer
des boursiers a Oxford aussi (dont les autorites anglais souhaitaient recruter des
futurs drogmans pour la Grande Porte), ce qui le voivode roumain a accepte,
meme si ces boursiers allaient choisir de partir plutot en Hollande ou la
nouvelle universite allemande de Halle.
109 Les relations diplomatiques de saint Constantin
Brâncoveanu avec l Angleterre on tete entretenues aussi par Sir Robert Sutton,
le nouvel ambsassaseur anglais a la Cour Ottomane. La
diplomatique britannique sera de nouveau interessee par la Valachie en 1711,
pour la guerre contre les Ottomans.
c) Les relations politique du saint voivode Constantin
Brâncoveanu avec la France
109 (...) Les alliances etablies avec l
Empire Ottoman, al Suede et la Pologne ont mis en discussion le sort
politique de la Hongrie, de la Transylvanie, de la Valachie et de la Moldavie.
110 (...) La politique en faveur des Habsbourg de
Șerban Cantacuzino a represente le principal argument dont s est servi l
ambassadeur francais pres la Grande Porte, Pierre de Girardin (1686-1689),
pour soutenir l installation de Thokoly sur le trone de la Valachie. L
ambassadeur annoncait la mort de Șerban Cantacuizno et le couronnement de
Constantin Brâncoveanu a Louis XIV, situation que celui-ci decrivait de la
facon suivante: „Les Turcs aurait du choisir Thokoly comme hospodar
pour la Valachie. (...)”
Les autres ambassadeurs francais a
Constantinople, qui lui ont succede, ont mene une
politique de denigrement a l egard du voivode Constantin Brâncoveanu.
(...) Dans la bibliotheque de Hurezi on a trouve la
collection de volumes greco-latins du Corpus Byzantinae historiae de
Charles du Fresne, sieur Du Cange (1610-1688), publies au XVIIeme siecle a
Paris, qui comprenaient des textes d historiographie byzantine du
debut du IVeme siecle et jusq-aux chroniques des Grecs medievaux.
d) Les relations diplomatiques du saint voivode martyr
Constantin Brâncoveanu avec l Empire Tsariste
111 (...) Dans le contexte ou les Autrichiens avaient
promis une politique offensive pour l introduction de leur propre
administration en Hongrie, en Transylvanie, au Banat, en Croatie
et en Slovenie [Slavonie], souhaitaient cocnquerir et s annexer d autres territoires,
ou par l incorporation de la Valachi, ils seraient arrives a la frontiere
des Empires Ottoman et Tsariste, a la fin du XVIIeme siecle s est cree a
Est de l Europe un courant pro-russe, l Ortodoxie imperiale pratiquee par la
Russie etant consideree par les princes roumains de l epoque la meilleure arme
contre le danger catholique representait par les Habsbourg et le danger musulman
de l Empire Ottoman.
112 (...) Le tsar attendait de la Valachie des
reinsegnements amples et verifies concernant la politique exterieure et le
potentiel economique des Turcs. (...)
(...)
Dans le contexte des relations diplomatiques et
culturelles qui se sont developpees entre le deux pays, a l Academie de Saint
Sabas ont etudie le grec et le valaque plusieurs jeunes venues de Russie,
dont certains sont devenus par la suite des conseillers a la cour du tsar.
(...) Apres la defaite de la Russie par l Empire
Ottoman en 1711, a Stănilești sur le Prout, la correspondance de
Brâncoveanu avec Pierre Ier allait reprendre en 1712.
e) Les relations diplomatiques du saint voivode martyr
Constantin Brâncoveanu avec la Pologne
113 (...) Constantin Brâncoveanu a mene une politique
habile a l egard de la Pologne aussi, qui, avant la paix de Karlowitz etait une
puissance regionale qui convoitait le territoire de la Valachie, comme une
sorte de recompense pour la defaite de Turcs sous les remparts de Vienne.
114 (...) Alors, il pourrait reunir a son tour, en
tant que prince de la Valachie, une armee de 50.000 personnes pour occuper toute
la ligne du Danube. (...)
(...) D autre part, le voivode etait informe en
permanence sur la situation du royaume polonais, affiabli par ses
contradcitions interieurs, et de l autre, il savait que toute reduite qu elle
fut l influence exercee par la Grande Porte dans le Sud-Est europeen,
elle aurait maintenu la suzerainete sur les deux Pays Roumains, la Moldavie
et la Valachie. Dans ces conditions, il a considere qu il etait inutile de
prendre le risque de s attirer la colere des Turcs, puisqu il n obtenait
aucun changement du statut de son pays.
f) Les relations economiques, commerciales et
culturelles du saint voivode martyr Constantin Brâncoveanu avec Venise
115 (...) Dans le cadre de cette politique exterieure,
les relations de la Valachie avec Venise ont joue un role important, puisque
les lettres envoyees a la Cour Autrichienne etaiaent transmises par le drogman
venitien de Vienne, Marc Antonio Mamuca della Torre, et les relations avec le
prince Eugene de Savoie etaient entretenues toujours par l intermediaire d un
Italien, Aloise Velde, traducteur du turc et du grec a Vienne(12).
12 = Alina Ardeleanu, Timpul și accepțiunile lui în
vremea domniei lui Constantin Brâncoveanu, these de doctorat, Bucarest,
2010, p. 3.
Les relations culturelles
117 (...) Y [l imprimerie Antonio Bortoli de Venise]
furent imprimes plusieurs ecrits concernant la periode de Brâncoveanu, dont: un
livre de cult en grec demande par la princesse Marika Brâncoveanu, une
brochure trilingue consacree a Brâncoveanu, Le grand Dictionnaire
greco-latin et, en 1718, le livre de florentin Antonio Maria Del
Chiaro, Istoria delle moderne revoluzioni de la Valachie, base
sur l experience qu il avait vecu en Valachie. Cet ecrit comprenait egalement une
carte de la Valachie, composait en grec par Constantin Cantacuizno (le
stolnic) et confiee afin d etre gravee au College Grec (appele
cotunien) de Padoue, ou elle apparassait en 1700(16).
16 = Cristian Luca, Țările Române și Veneția în
secolul al XVII lea, Editura Enciclopedică, Bucarest, pp. 349-350.
118 (...) Constantin Brâncoveanu a envoye des
boursiers a Padoue, pour faire des etudes, sur les traces de son erudit oncle [C. Cantacuzino]; c est ainsi qu
arrivaeint a l une des plus prestigieuses universites de l epoque, Georges Hypomenas,
les freres Palade et Gheorghe Damian et d autres, enviorn 15 jeunes auxquels le
prince valaque avait l intention de confier ensuite des postes dans l
administration ou un role a la cour(18).
Pratiquement tous les medicins de Brâncoveanu, Jean
Comnen, Jacob Pylarino de Cephalonie, Georges Hypomenas avaient fait leurs
etudes a Padoue.
18 = Cristian Luca, Țările Române și Veneția în
secolul al XVII lea, Editura Enciclopedică, Bucarest, pp. 340.
119 Ceux qui ont contribue en 1704 a l organisation de
cet etablisement [spitalul Colțea] ont ete le protomedicin Jacob Pylarino
et le spadaire Mihail Cantacuzino, aides par les autres medicins de la cour
princiere.
(...) Le modele padouan a caracterise le systeme d
organisation des cycles d etudes fondee sur la philosophie
neo-aristotelicienne interpretee par Theophilus Corydaleus(20).
20 = Cristian Luca, Țările Române și Veneția în
secolul al XVII lea, Editura Enciclopedică, Bucarest, pp. 342-343.
Queleque-uns des jeunes instruits a Padoue, Roma ou
Venise sont devenus ensuite professeurs a l Academie Saint-Sabas, certains
dentre eux exercant en meme temps d autres activites au service du prince.
Ainsi, le future patriarche Chrysanthe Notaras a-t-il ete pendant plusieurs annees le precepteur
des fils de Constantin Brâncoveanu, periode durant laquelle il a functionne
egalement comme enseignant a l Academie princiere; les medicins Jean
Comnen, Georges Hypomenas et Jacob Pylarino ont enseigne la medicine theoretique;
Gheorghe Maiota, le predicateur de la cour a enseigne le latin pendant
les annees 1694-1709 et Ioan Avramie, pretre a la cour princiere de 1710
a 1714, a enseigne, paraît-il, a la meme Academie(21).
21 = Cristian Luca, Țările Române și Veneția în
secolul al XVII lea, Editura Enciclopedică, Bucarest, pp. 344.
Le martyre des saints Brâncoveanu et leur canonisation
en tant que saints de Dieu
127 A fin d assurer la paix de la Valachie durant son
regne, saint Brâncoveanu a paye beaucoup de tribut a l Empire Ottoman, avec
beaucoup de sacrifices pour le peuple. (...)
Le saint voivode Constantin Brâncoveanu a eu beaucoup
d ennemis parmis les boyards de sa cour, parmi ses parents et ses conseillers,
ainsi que le sultan Ahmet III et les proches de celui-ci. (...)
Le Mercredi saint, pendant la Semaine de la Passion,
le jour de la fete de l Annonciation, la famille des saint martyrs Brâncoveanu
a recu la nouvelle du detronement du voivode (et de son banissement) de la
parte de l envoye du sultan, Mustapha Aga.
Ce fut, certes, un moment de desarroi, de souffrance
et d etonnement pour le saint voivode et sa famille, tel qu on peut lire dans
la lettre adressee par saint Constantin au Patriarche de Jerusalem, Chrysanthe
Notaras, le 25 mars 1714: „(...) Hier, le 24 de ce mois, est arrive
ici avec un ordre emis par le sultan un certain Mustapha Aga, Hambar Emini,
pour nous detroner et nous amener a Constantinople avec notre epouse,
nos enfants et nos gendres. (...)”(1)
1 = Paul Cernovodeanu, În vâltoarea primejdiilor.
Politica externă și diplomația promovate de Constantin Brâncoveanu (1688-1714),
Silex, București, 1997, p. 146.
129 Le Vendredi saint, de la Passion de notre Sauveur Jesus-Christ,
saint Constantin avec son epouse, ses enfants et ses gendres sont partis a Constantinople
pour commencer leur chemin de Golgotha, apres avoir ete depossedes de tour
leurs biens et enfermes dans la
prison de Yedikule (le Chateau des sept tours).
(...) L avidite des Turcs, habitues a recevoir
de grosses sommes d argent de la part des chretiens, les avaiit enrages contre
la famille des Brâncoveanu. A la persecution administree par le
sultan Ahmet III s est ajoute le traitement inhuman du vizir Gin Ali,
qui a surveille de pres les tortures appliquees aux saint martyrs
Brâncoveanu.
La perfidie et l avidite des Turcs
ont ete vaincues par la foi, la fermete et la patience des Brâncoveanu. En
echange de tous les biens qu ils auraient possedes dans le pays et a l
etranger, les Turcs leur ont promis de les liberer et de les remettre
dans leur functions. En plus, comme ils n ont pas accepte cet echange, on leur
a propose d avoir la vie sauve s ils se convertissaient a l Islam. (...)
130 (...) Qu-est-ce que cela doit etre merveilleux de
naître au ciel le jour de la naissance sur la terre, et d etre assiste dans la
mort par une grande foule de personnes, parmi lesquelles les representants
des pays europeens a Constantinople! (...)
Pieds nud et habilles d une simple chemise, les saints
martyrs Brâncoveanu furents sortis de leur geole et amenes dans la place
Iali Kiosque, dans la proximite du serail, ou allait avoir lieu le plus
sanglant evenement de cette nature de l histoire de notre pays.
133 (...) Le sultan, la cour imperiale, les
dignitaires europeens et sa propre famille ont assiste a cette tragedie sans
egal dans l Europe Medievale et Moderne.
(...)
Les corps des saint martyrs Brâncoveanu ont ete dans les
eaux du Bosphore, et leurs tetes, empalees, ont ete promenees dans les
rues de Constantinople. (...)
134 Aidee par quleques chretiens pieux, al princesse
Marika a recupere les corps de ses fils et de son mari, qu elle aurait fait
enterres sur l île de Halki. (...)
135 Elle e ete aidee dans cette demarche par le
patriarche de Jerusalem Chrysante Notaras, le prince Ioan
Mavrocrodat (qui a facilite leur retour au pays) et Nicolae Mavrocordat,
qui les a fait revenir de l exile.
Le martyre des Brâncoveanu a signifie une grande
victoire morale des chretiens sur le sultan et sur l Empire Ottoman.
Si jamais, ils avaient renonce a leur foi, les musulmans auraient obtenu
une enorme victoire sur les Pays Roumains. (...)
136 (...) „(...) Pour que cette decision canonique
soit pleinement etablie et certifiee, nous l appuyons de nos signatures
deposees sur le present document en tant que Tomos patriarcal et synodal
de canonisation, les personnes mentionnees ci-dessus [les Brâncoveanus] integrant
donc le groupe des saints martyrs de Dieu, afin que son contenu fut tranmsis a
notre pieux clerge et a tous les fideles de l Eglise Orthodoxe Roumain”
(...) Les saints martyrs Brâncoveanu sont les plus
importants representants des neomartyrs chretiens orthodoxes depuis la
chute de Constantinople.
Les monasteres
fondes par le saint voivode Constantin Brâncoveanu: art et
transfiguration pour l amour du pays
139 (...) Les mots de saint Jean Damascene nous
font mieux comprendre l oeuvre de Brâncoveanu: „Les choses visibles sont les representation
des choses invisibles et infinies, un pale reflet de celles-ci”.
141 (...) Saint Germain, patriarche de
Constantinople, affirme que „L eglise est temple de Diue, espace sacre,
maison de priere, convocation du peuple, Corps du Christ, qui apelle le peuple
au repentir et la priere”(1).
(...)
L art „Brâncoveanu” a ete inspire par l heritage
spirituel-chretien de Byzance et de l art occidental. (...)
145 (...) 4 = Saint Symeon Archeeque de
Thessalonique, Traite sur tous les dogmes la foi orthodoxe, selon les
principes poses par notre Seigneur Jesus-Christ et Ses disciples (version
roumaine), vol. I, Editions de l Archeveche de Suceava et de Rădăuți, Suceava,
2002.
147 (...) Mais, a partir des XVeme et XVIeme
siecle, a mesure que l Orthodoxie se refermait sur son mystere,
le chancel a ete remplace par une haute cloison couverte d icones: l
iconostase. (...)”(5)
5 = Olivier Clement, L Eglise Orthodoxe,
Paris, PUF, 1961, p. 108.
151 (...) La peinture et l architecture des eglises
doivent etre une image de l Eglise celeste, du „Ciel sur la terre”, selon l
expression de saint Germain, patriarche de Constantinople.
152 (...) „L icone fait partie integrante de la
liturgie – ecrivait le thologien orthodoxe francais Olivier Clement(6). L
iconographie orthodoxe nous aide a voir l humanite transfiguree par la
grace de Saint Esprit, penetree par la saintete et parvenue a la ressemblance
avec Dieu.” Saint Augustin nous exhorte a imiter les saints, si nous les
aimons. (...)
L icone la plus representative du style „Brâncoveanu”
est celle ou sont peints les Saints Empereurs Constantin et Helene,
ayant la Croix entre deux visages de la famille de Saint voivode Brâncoveanu:
(...).
153 Elle [icoana familiei Brâncoveanu] comprend les
representations de l ancien saint et protecteur, Constantin le Grand et
du nouveau saint, Constantin Brâncoveanu le martyr, nous montrant ainsi le
passage du temps entre le liberateur du christianisme et le gardien de
la liberte et de la dignite des chretiens orthodoxes.
(...)
Leur sacrifice allait s accomplir dans la ville du
saint empereur Constantin le Grand, Constantinople, ville-temoin des grandeurs
et decadences humaines et monastiques, sanctifiee par la priere et le martyre
de tant de chretiens.
161 (...) Et, d apres Saint Symeon, „les
martyrs et la hierarque symbolisent le Christ, tandis que l eglise symbolise le
ciel”(12).
12 = Saint Symeon Archeveque de Thessalonique, op.
cit., p. 166.
163 (...) Les livres theologiques contiennent, quant a
eux, des enseignements des Ecritures Saints et de la Sainte Tradition, les
ecrits des Saints Peres et des ministres et des fideles de l Eglise.
165 (...) [mănăstirea Hurezi] La famille princiere s y
distingue par ses vetements exceptionellles: „Les vetements des
protagonistes sont de facture orientale et occidentale a la fois,
impregnes d elements locaux. (...)”(14)
14 = G. Popescu-Vâlcea, Inițiator și protector al
unui nou stil în arta românească: stilul brâncovenesc, „B. O. R.”, LXXXII,
no. 9-10, 1964, p. 908.
La nostalgie du pays exaucee voler avec les Saints
172 (...) Les corps des saints martyrs
decapites a Constantinople le 16 aout 1714 ont ete prives des desirs de
ce monde, comme on peut le voir de l exhortation adresse par le voivode a ses
fils pendant les martyre: „(...)”.
(...) Nous avons accompagne saint Gregoire le
Decapolite du monastere de Bistrița dans les villes de Caransebeș, Drobeta
Turnu Severin, Deva, Slobozai, Călărași, Curtea de Argeș, Alba Iulia; Arad și
(...).
173 „(...) Ceci represente le mystere du
christianisme, le mystere du Christ, inconnu a la mystique hindoue, a
celle de Plotin ou a toute autre mystique abstraite-moniste. (...)(2)
2 = Nikolai Berdiaev, Sensul creației, trad. A.
Oroveanu, Humanitas, București, 1992, p. 130.
176 (...) En ce qui ne concerne, nous avons commnence
la preparation de cette Annee de commemoration 2014 des 2012, avec l
organisation du Tryptique spirituel-culturel consacre aux saint martyrs
Brâncoveanu, compose d un symposium international intitule „Le sacrifice
chretien et le sacrifice humain dans l Europe medievale et premoderne” (auquel
ont participe des hierarques, des pretres, des professeurs et des personnalites
de Grande Bretagne, d Allemagne, de Grece et de Roumanie), (...).
178 A cette occasion, nous avons publie le livre Le
Martyre des saints Brâncoveanu (en roumain: Martiriul Sfinților
Brâncoveanu) qui comprend la piece de theatre-film Brâncoveanu, La
Ballade des saints martyrs Brâncoveanu et le Tropaire des saints.
180 Il s agit de l une des plus belles epees du
voivode, sur laquelle sont graves, d un cote, l embleme de la ville de Bucarest
et l icone de la Mere de Dieu portant dans ses bras l enfant Jesus, et de l
autre, deuz anges couronnes et une inscription en grec, dont voici le
texte: „Roi invincible, Parole de Dieu, Maître tout-pouissant, accorde la
couronne de la victoire sur les ennemis au fidele voivode Constantin, comme tu
l as accorde jadis a l empereur Constantin le Grand”. (...)
(...) L idee nous a ete inspire par les eveniments consacres
au saint voivode Etienne le Grand de Moldavie, lors de la commemoration des 500
de ans depuis son depart au ciel, quand le monastere de Putna a recu (en 2004)
une copie de son epee, gardee au Musee Topkapi de Constantinople,
arme qui symbolise la defense contre les hostilites historiques et les actions des
ennemis invisibles.
183 (...) En 2014, il [moaștele Sf. C. Brâncoveanu la
Hurezi] n est pas venu seul, mais accompagne du Patriarche Daniel des Roumains
orthodoxes, dont le siege patriarcal est situe dans la cite de Bucur, capitale
que le saint voivode a embelli par la construction de tant de monasteres, d
eglises, d ecoles et d imprimerie de tout l Orient, apres Constantinople.
(...) Il a voulu etre present, en tant que fondateur a
la consecration de l eglise Les Saints Empereurs Constantin et Helene,
tant en 1694 qu en 2014, pour la reconsecration de la peinture interieure. (...)
(...), exonarthex qui nous a prepare pour entrer dans
„l antichambre du Royaume de Dieu”, selon les mots employes par saint
Nicolas Cabasilas pour designer l eglise.
190 (...) 1 = Divines Liturgies de saint Jean
Chrysostome et de saint Basile de Cesaree, traduites du grec par
l archimandrite Jacob, le hieromoine Elisee et le pere dr. Y. Goldman, seconde
edition corrigee et completee, Monastere de la Theotokos et de saint Martin, Cantauque,
2006, p. 157.
La ballade du Saint Voivode Brâncoveanu
193 Lors d in bon jeudi matin,
Au debut de son chagrin
Brâncoveanu se levait,
Sa barbe blanche il se peignait,
Aux icones, il se signait,
Par la fenetre il regardait
Et tres fort il s effrayait;
Triste a ses enfantes disait:
-Mes cheris, enfants aimes,
Assez dormi, faut vous lever
Et les armes preparer
Car nous voila assieges,
Par le pacha enrage.
Les soldats a gros canons
Casserent nos murs jusqu aux plafonds,
Ses mots, il ne finissait
194 Et voici les Turcs entrer
Les six chretiesn amener
Pour les faire emprisonner
Dans la grande tour d Istanbul
Sur les rives de la mer qui houle,
Geole des princes en desarroi
Et des emissaires des rois.
Pour longtemps, ils n y restaient,
Car le sultan les amenait
Sur les rives du Bosphore.
Pres de lui il les voulait,
Pour pouvoir les questionner.
-Toi, o prince Brâncovan,
Grand boyard et prince chretien,
Est-il vrai qu e tu as voulu,
Avant d etre retenu,
T eloigner de mon pouvoir
Et independance avoir?
T as battu monnaie en or,
Sans penser que t avais tort,
Sans que tu aies de moi peur.
-Si je fuis un prince bon,
Tres mauvais ou voire pire,
Seul Dieu pourra dire.
Disais-tu que j etais grand?
Me voici petit a present.
-Tais-toi, Brâncovan filou,
Tes paroles me rendent fou.
195 Si tu a ta vie tiens,
Si tu aimes tes enfants,
Renonce a etre chretien
Et deviens musulman!
-Tu peux faire selon ton gre
Et meme si tu nous tranchais,
Je resterai chretien,
Seigneur, viens a mon soutien!
Le sultan
de son endroit
A fait signe a son Aga,
Pour que les bourreaux s avancent
Avec leurs epees et lances,
Et des six esclaves valaques,
A l enfant aîne s attaquent.
A genoux ile le mettaient,
Et la glaive qui tombait
Sa belle tete lui tranchait.
Et Brâncovan gemissait:
„Seigneur, fut Ta volonte!”
Les bourreaux
encore revenaient,
Le deuxieme fils amenaient;
Ses beaux cheveux blonds s envolaient.
A genoux ils le mettaient,
Sa tete blonde, ils tranchaient.
Et Brâncovan gemissait:
„Seigneur, fut Ta volonte!”
Le sultan
s emerveillait
Et apitoye disait:
196 – Toi, o prince Brâncovan,
Grand boyard et prince chretien,
Quatre beaux fils tu as eus,
Trois sur quatre t as perdus.
Et voici qu il t en reste un.
Si tu veux sauveur sa vie,
Renonce a etre chretien
Et devient musulman.
-Mon Dieu est grand et saint.
Moi, je suis chretien
Et je mourrai chretien.
Arrete de pleurer, cheri,
Tu me fends le coeur ici,
Renonce pas a ta foi
Et le Royaume t attendra!
L Aga turc la tete hochait,
Et les bourreaux s avancaient
Du petit enfant s emparaient.
Sous les yeux du pere prostre,
A genoux ile le mettaient
Et sa tete ecourtaient.
Et Brâncovan gemissait,
Et le coeur broye disait:
„Seigneur, fut Ta volonte!”
Ensuite, s assombrissait,
Son coeur de pere se fendait,
Sur ses enfants se jetait
Les pleurait et embrassait.
197 Enrage aux Turcs criait:
-Gare a vous, affreux paiens!
Gare a vous, fils de chiens!
Quatre beaux fils j ai eus
Et je les ai tous perdus!
Moi, leur pere, je vais vous dire
Et de tout coeur vous maudire:
Que mon Dieu vous fasse perir!
Que vous traces sur la terre
Disaparaissent dans les airs!
Qu on ne vous enterre point
Que vous n ayez plus d enfants!
Et les Turcs, ils s enrageaient
Sur le prince, ils se rouaient
Et sa tete lui tranchaient.
Et le voivode criait:
-Chiens de Turcs, betes enragees,
Meme si vos dents me dechiraient,
Sachez qu il est mort chretien
Brâncoveanu Constantin!
Niciun comentariu:
Trimiteți un comentariu